Eau du robinet en Savoie : analyses commune par commune
Projet expérimental. Il s’agit d’un traitement de données publiques, réalisé avec des outils d’IA. Il n’est validé ni par l’ARS, ni par les collectivités, ni par un laboratoire. Pour toute décision concernant l’eau que vous buvez, consultez le bulletin officiel de votre commune.
Chaque analyse d’eau potable réalisée en France est publiée avec son résultat et sa date. Mais ces données sont éparpillées : une fiche par commune, des colonnes à comparer, des limites réglementaires à retrouver. Nous les avons regroupées pour les 273 communes de Savoie, de 2016 à 2026 : environ 52 000 prélèvements, soit 2,27 millions de résultats d’analyses. Voici ce qu’elles disent, et ce qu’elles ne disent pas.
Ce que contient le projet, page par page
Le projet est un ensemble de pages HTML et de fichiers de données. Chacune répond à une question différente.
- Tableau de bord : les chiffres clés, les communes au taux de non-conformité le plus élevé (à partir de 20 prélèvements), et un tableau triable des 273 communes.
- Une page par commune (communes/) : 273 pages. Chacune détaille les analyses paramètre par paramètre : moyennes, maxima, distributions, saisonnalité, tendances, dépassements, tableau année par année. Exemple : Saint-Sorlin-d'Arves.
- La carte : les communes colorées selon l’indicateur choisi (nitrates, température, cuivre, etc.). Plus la couleur est foncée, plus la valeur moyenne est élevée.
- La matrice (et le fichier CSV associé) : une ligne par commune, une colonne par paramètre. Chaque valeur est la moyenne rapportée à la limite : 100 % signifie que la moyenne atteint la limite. Une moyenne peut être tirée par une seule valeur très élevée.
- L'étude sur la température, avec sa carte animée : l’évolution de la température de l’eau année par année, avec ses limites. Le texte complet de l’étude est aussi disponible en fichier Markdown.
- Le rapport de synthèse : un résumé de l’ensemble, avec le détail par commune.
- Les fichiers de données : temperature_annuelle.csv (moyennes par année) et temperature_communes.csv (tendance par commune), pour reprendre les calculs soi-même.
Les scripts qui produisent ces pages ne sont pas publiés ici. Le détail de la méthode est dans le dossier de présentation du projet.
Comment lire les chiffres
- Conformité : un prélèvement est compté non conforme si l’analyse, telle que la déclare l’API, dépasse une limite de qualité. Les références de qualité sont un autre seuil, qui indique un confort (goût, couleur, odeur) et non un risque sanitaire.
- Moyennes : calculées sur les seules valeurs numériques. Les résultats « inférieur à un seuil » ne sont pas pris dans la moyenne.
- Taux : le nombre de prélèvements non conformes divisé par le nombre total de prélèvements de la commune. Un petit échantillon peut donner un taux élevé pour une seule mauvaise analyse.
Une eau majoritairement conforme, mais pas partout pareil
Sur 52 000 prélèvements, 5,3 % dépassent au moins une limite réglementaire. Sur 273 communes, 237 ont au moins une non-conformité sur la période. Une non-conformité isolée n’a pas la même portée qu’une série de dépassements, et le tableau de bord fait cette distinction.
Le volume d’analyses change la lecture. Aix-les-Bains compte 826 prélèvements, avec 0,2 % de non-conformités. Aime-la-Plagne en compte 728, avec 2,9 % de non-conformités sur les limites, mais 155 dépassements des références de qualité. Ces deux chiffres ne disent pas la même chose.
Nitrates : une carte qui invite à chercher l’origine
La carte des nitrates montre des moyennes très inégales selon les communes. La limite de qualité est de 50 mg/L. Les moyennes les plus élevées restent nettement en dessous : Loisieux (19,3 mg/L en moyenne, sur 22 résultats quantifiés), La Biolle (16,4 mg/L), La Balme (12,0 mg/L), Barberaz (10,1 mg/L). À titre de comparaison, Chambéry affiche 7,6 mg/L en moyenne, sur 206 résultats.
Il est tentant d’attribuer ces écarts à l’agriculture, car les nitrates viennent souvent des engrais et des effluents d’élevage. Mais cette hypothèse n’est pas testée ici : il faudrait croiser les moyennes avec la surface agricole de chaque commune et la vulnérabilité de la ressource. La carte montre où les nitrates sont mesurés, pas pourquoi.
Température de l’eau : une hausse, mais surtout un saut
La température de l’eau distribuée augmente-t-elle régulièrement ? Les données montrent un résultat plus nuancé. Après avoir retiré l’effet de la saison, l’anomalie moyenne passe d’environ −0,4 °C entre 2016 et 2021 à environ +0,4 °C entre 2022 et 2025. La tendance sur 2016-2025 est d’environ +1,1 °C par décennie, mais l’essentiel de la hausse tient à un saut entre 2021 et 2022, d’environ +0,8 °C. Ce saut est présent dans 89 % des communes comparables. Avant 2021, il n’y a pas de tendance nette.
Ces observations sont compatibles avec le réchauffement climatique, documenté dans les Alpes du Nord. Elles ne le démontrent pas : la série dure dix ans, elle contient une rupture, et les protocoles de prélèvement et de mesure n’ont pas été vérifiés. Un changement de sonde, de laboratoire ou d’heure de prélèvement peut produire un saut de ce type. Une série plus longue, celle d’un réseau de Saint-Julien-Mont-Denis (2003-2026), donne +0,6 °C par décennie, avec des années froides en 2009-2013 et 2019-2021.
Pour voir la progression commune par commune, ouvrez la carte animée ; le détail de la méthode et des hypothèses est dans l'étude.
Pour aller plus loin
- Obtenir la liste des ressources et des réseaux par commune, et l’historique des changements de sonde ou de laboratoire, pour séparer un effet physique d’un effet de méthode.
- Croiser les nitrates avec les surfaces agricoles par commune, pour tester l’hypothèse agricole.
- Compléter la série de température par les données de l’air de Météo-France, à même altitude.
Limites
- Les calculs sont faits localement, sans relecture par un tiers. Des erreurs sont possibles, et toutes les communes n’ont pas été relues une à une.
- Les moyennes et les rapports à la limite sont sensibles aux valeurs isolées et aux petits échantillons.
- La température est mesurée au point de prélèvement et à l’heure du prélèvement, pas dans l’ensemble du réseau.
- Une valeur sous le seuil de détection est tracée à ce seuil, ce qui la surestime légèrement.
- Les données peuvent être corrigées après publication.
Sources
- Hub’Eau, qualité de l’eau potable, ressource « résultats de distribution », département 73 (API ouverte, Licence Ouverte / Etalab 2.0), extraction du 5 novembre 2026.
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