Quartier de la Gare Saint-Julien-Montdenis
Un voyage dans le passé, un bel hommage.
J’ai grandi ici, dans le quartier de la Gare, jusqu’à mes 9 ans.
Nous habitions l’une des grandes maisons « Pechiney », celle qu’on voit au centre de l’une de ces photos. Autour de nous vivaient surtout des familles d’ouvriers de l’usine de silicium, où travaillait mon père. On entendait l’usine, on voyait sa fumée monter au-dessus des toits, et elle faisait partie du paysage autant que les montagnes.
Pour l’enfant que j’étais, le quartier était un terrain de jeu immense. On passait nos journées dehors, entre les maisons et les jardins. Sur la route, au-dessus, il y avait encore un bar et un commerce, avant qu’ils ne ferment.
Puis, en 1988 et 1989, l’autoroute est arrivée. Pour laisser passer l’A43, tout le quartier a été rasé. Les maisons, les jardins, les chemins… Aujourd’hui, les voitures filent là où nous jouions. Quelques années plus tard, c’est la gare elle-même qui a fermé, puis disparu à son tour.
Ces images ont une saveur toute particulière pour moi. Elles montrent le quartier tel qu’il était, puis ses derniers jours.
Elles sont l’œuvre de Pierre Testa, notre voisin, qui habitait juste au-dessus du quartier. Il a eu la bonne idée de photographier ce qui allait disparaître. Un grand merci, et une pensée émue pour lui. Grâce à lui, ces souvenirs et la mémoire de notre quartier continuent de vivre aujourd’hui.
📷 Crédit photo : Pierre Testa (en mémoire)