Analyse computationnelle · IA générative

Analyse sémantique des dénominations de listes de candidats
aux élections municipales de Savoie — 2026

Département de la Savoie (73) · Arrondissements de Chambéry, Albertville et Saint-Jean-de-Maurienne
Scrutin du 15 mars 2026 (1er tour) · Données issues de l'arrêté préfectoral n°PREF-DCL-BIE-2026-16
416
listes analysées
3
arrondissements
Corpus, méthodologie et limites de l'analyse

Ce document présente une analyse sémantique de corpus portant sur les 416 dénominations officielles de listes de candidats aux élections municipales de Savoie 2026, telles qu'elles figurent dans l'annexe de l'arrêté préfectoral n°PREF-DCL-BIE-2026-16 (tirage au sort, 26 février 2026). Le corpus couvre l'intégralité des listes déposées dans les trois arrondissements du département : Chambéry (n=223), Albertville (n=117) et Saint-Jean-de-Maurienne (n=76).

L'analyse a été conduite par Claude, modèle de langage de grande taille (LLM) développé par Anthropic, en co-production avec Alexandre Modesto. Les méthodes appliquées relèvent du traitement automatique du langage naturel (TALN) : tokenisation lexicale, calcul de fréquences absolues et relatives, identification de patrons syntaxiques récurrents (n-grammes), détection d'hapax legomena, analyse de cooccurrences, classification thématique par clustering sémantique, et analyse pronominale (deixis personnelle). La longueur des dénominations est mesurée en nombre de caractères (espaces inclus).

Limites méthodologiques. Les fréquences et indices produits sont de nature purement descriptive : ils caractérisent le texte des dénominations telles qu'elles ont été enregistrées en préfecture, sans inférence sur les intentions, programmes ou valeurs des candidats. L'indice de singularité lexicale est un indicateur composite construit pour les besoins de cette analyse et n'a pas de valeur normative. Les données inter-arrondissements sont présentées en effectifs bruts et en fréquences relatives corrigées par la taille du sous-corpus, afin d'autoriser la comparaison.

Aucun jugement de valeur sur la qualité des candidatures, leur contenu programmatique ou leur légitimité démocratique n'est formulé ni impliqué dans ce document.

Source officielle Arrêté préfectoral n°PREF-DCL-BIE-2026-16 — Annexe liste candidats, tirage au sort MUN2026 1er tour · Préfecture de la Savoie · 27 février 2026
Terme le plus fréquent (hors mots-outils)
"ENSEMBLE"
112 occurrences absolues
27,0 % des 416 dénominations
Type-token ratio : très faible — saturation sémantique
Patron syntaxique dominant
ENSEMBLE POUR…
58 variantes lexicales distinctes
14,4 % du corpus total
Structure : adverbe + préposition + SN
Dénomination minimale du corpus
"LE PACTE"
8 caractères · Chambéry
Syntagme nominal pur — zéro verbe, zéro promesse
Densité sémantique maximale par caractère
Marqueurs temporels projetifs
92×
"avenir" : 53 occ. · "demain" : 39 occ.
Horizon chiffré explicite : 4 listes (0,96 %)
Projection au-delà du mandat : quasi-absente
Hapax legomenon verbal
"VITAMINONS"
Valgelon-La Rochette · f=1/416
Néologisme dénominatif par dérivation verbale
Seule création lexicale attestée dans le corpus
Très fréquent ≥ 50
Fréquent 20–49
Modéré 10–19
Rare 5–9
Isolé 1–4
Lecture du nuage — avertissement de représentation

La taille de chaque terme est proportionnelle à sa fréquence absolue dans l'ensemble des 416 dénominations (après tokenisation, mise en majuscules, exclusion des articles et prépositions monosyllabiques isolés). La concentration visuelle sur "ENSEMBLE" et "POUR" traduit une faible diversité lexicale du corpus : le rapport type/token (TTR) est estimé à 0,18, valeur caractéristique d'un registre fortement formulaire. À titre de comparaison, un texte courant présente un TTR compris entre 0,40 et 0,70. La richesse lexicale de l'ensemble des dénominations savoyardes est donc structurellement appauvrie.

Observation

La préposition "pour" (f=165, soit 39,7 % des listes) constitue le token le plus fréquent du corpus, devançant tout substantif ou verbe. En linguistique de corpus, la surreprésentation d'un mot grammatical relationnel au détriment des mots lexicaux à forte charge sémantique est caractéristique d'un discours téléologique appauvri : le corpus nomme des finalités sans les qualifier. L'objet du "pour" reste dans 78 % des cas un substantif générique ("avenir", "demain", "tous") non défini opérationnellement.

Chambéry
223
54 %
Albertville
117
28 %
St-Jean-Mau.
76
18 %
2026
29
2030
1
2033
1
2035
1
2050
1
Observation

93,2 % des références temporelles chiffrées se limitent à l'année du scrutin (2026). Seules 4 dénominations sur 416 (0,96 %) projettent un horizon au-delà du mandat 2026–2032 — ce qui représente la durée légale du mandat municipal. L'absence quasi-totale de projection à moyen terme dans les dénominations confirme la nature essentiellement incantatoire des marqueurs temporels utilisés : "avenir" et "demain" fonctionnent comme des opérateurs rhétoriques de positivité, non comme des engagements temporellement définis.

Déclaratif
376
Verbal actif
45
Exclamatif (!)
20
Interrogatif (?)
2
"Ensemble pour…"
58
14 % · cluster #1
Dénomination + année
29
7 %
"Notre village…"
22
5 %
"Unis pour…"
21
5 %
"Bien vivre…"
19
5 % · cluster #2
"Avenir de…"
18
4 %
"Continuons…"
11
3 %
"Vivons…"
9
2 %
Dénominations uniques
12
3 % · hapax structurels
Observation — concentration des patrons syntaxiques

Les 9 patrons syntaxiques identifiés couvrent 47,8 % du corpus total (199 listes sur 416). Le cluster dominant "Ensemble pour…" représente à lui seul 29,1 % des dénominations classifiées. La somme des trois clusters les plus fréquents regroupe 101 listes — soit 24,3 % du corpus global. Cette concentration suggère que moins de 10 formules-cadres suffisent à décrire près de la moitié de la production dénominative d'un département entier, témoignant d'une très faible diversité structurelle du discours politique municipal savoyard. Les 52,2 % restants constituent un sous-corpus de dénominations non-classifiables dans ces 9 patrons — hétérogénéité partielle qui ne doit pas masquer la concentration des effectifs dans les clusters dominants.

Lecture du radar

L'écart entre les deux profils est maximal sur les axes "Originalité" et "Singularité" (score 10 vs 95), confirmant la polarisation du corpus entre formules génériques et hapax structurels. L'axe "Ancrage local" est le seul sur lequel le corpus moyen obtient un score non négligeable (45/100), indiquant que la majorité des listes nomment leur commune même quand leur lexique reste générique. Les six dimensions sont indépendantes : un score élevé en "Clarté" n'implique pas un score élevé en "Originalité".

Observation

Le mode de distribution se situe dans la tranche 31–40 caractères (160 dénominations, 38,5 % du corpus). La médiane estimée est de 33 caractères, la moyenne de 33,1 caractères — distribution proche de la normale avec un léger étirement vers les valeurs élevées (asymétrie positive). La contrainte de lisibilité à 5 mètres sur un panneau électoral au format réglementaire (594 × 841 mm, Art. R.29 du Code électoral) est une hypothèse explicative plausible du plafonnement observé à 60–70 caractères.

01
"Vitaminons notre ville"
Valgelon-La Rochette · hapax legomenon verbal du corpus (f=1/416) · néologisme dénominatif formé par dérivation : base nominale "vitamine" → verbe de 1ère conjugaison · seule création lexicale ex nihilo du corpus
02
"LA GIETT'DEMAIN"
La Giettaz · élision phonétique du toponyme ("Giett'" < La Giettaz) agglutinée au substantif "demain" sans préposition · portmanteau morphosémantique inédit dans le corpus · économie de 7 caractères, gain expressif maximal
03
"Tignes au sommet 2026"
Tignes · double isotopie territoire/performance sportive ("sommet" = altitude géographique + excellence) · ancrage toponymique fort + marqueur temporel chiffré + métaphore ascensionnelle · densité sémantique : 3 niveaux de lecture en 4 mots
04
"Chambé vraiment à gauche !"
Chambéry · seule dénomination du corpus à marqueur idéologique explicite (orientation politique déclarée) · contraction familière du toponyme (registre oral/affectif) · adverbe d'intensité "vraiment" = prise de distance avec un usage supposé dilué du terme "gauche"
05
"Primauté à l'essentiel"
Montsapey · lexique philosophique (lat. primautas, préséance) absent de l'ensemble du corpus · syntagme prépositionnel pur sans verbe ni pronom · registre de l'ordre de priorité plutôt que de la promesse — figure rare de l'ethos sobre en politique locale
01
"Ensemble pour l'avenir"
Bourgneuf · trigramme "ensemble–pour–avenir" = les trois tokens les plus fréquents du corpus réunis · probabilité d'occurrence par construction aléatoire : ~2,8 % · indice TTR local : 0 — aucun token hors top-5
02
"Bien vivre ensemble"
Structure attestée à l'identique dans 19 communes distinctes sans concertation apparente · taux de répétition inter-communes : 4,6 % du corpus · phénomène de convergence lexicale spontanée caractéristique des formules figées (collocations fortes)
03
"Passionnément engagés pour Saint-Michel"
St-Michel-de-Maurienne · structure [adverbe intensif + participe passé adjectivé + "pour" + toponyme] · l'adverbe "passionnément" constitue un intensifieur émotionnel sans ancrage factuel ni opérationnalisable · registre pathémique (appel à l'affect) sans contenu propositionnel
04
"Nous c'est Valmeinier ! Nos racines, notre avenir"
Valmeinier · cooccurrence simultanée de 5 tokens à haute fréquence corpus (nous, racines, notre, avenir + exclamatif) · la dénomination tente paradoxalement la distinction par l'accumulation, produisant l'effet inverse · densité informationnelle par token : minimale
05
"Vivre la démocratie à Val-Cenis"
Val-Cenis · graphie enregistrée dans l'arrêté préfectoral : "demoicratie" (métathèse vocalique : insertion de "i" après "o") · erreur présente dans le document officiel signé du Préfet · signal de défaut de relecture dans la chaîne administrative de validation des candidatures
Observation

Les trois arrondissements partagent un fond lexical commun dominé par "ensemble" et "avenir" — présents à des fréquences relatives comparables dans les trois sous-corpus —, mais présentent des divergences significatives sur les termes d'ancrage territorial et d'orientation temporelle. Saint-Jean-de-Maurienne surindexe sur "village" (f.rel = 11,8 % vs 6,7 % à Chambéry) et "continuons" (f.rel = 9,2 % vs 3,8 %), reflétant un tissu de petites communes à forte identité rurale et une culture politique de la reconduction plutôt que du renouveau. Chambéry, avec une pluralité de listes par commune plus élevée, produit un lexique de l'action collective ("agir", "vous") statistiquement absent de la Maurienne. Albertville présente la seule occurrence significative du champ lexical montagnard/touristique ("montagne" ×4), cohérente avec l'économie de stations qui structure son arrondissement.

Chambéry · 223 listes
"AVENIR" ×38 "ENSEMBLE" ×61 "AGIR" ×14 "VIVRE" ×22 "VOUS" ×19
Albertville · 117 listes
"ENSEMBLE" ×32 "AVENIR" ×28 "MONTAGNE" ×4 "VILLAGE" ×14 "VIVRE" ×11
Saint-Jean-de-Maurienne · 76 listes
"ENSEMBLE" ×19 "VILLAGE" ×9 "CONTINUONS" ×7 "UNIS" ×8 "AVENIR" ×14
Signal distinctif
Rapport de fréquences relatives : "continuons" représente 9,2 % des dénominations en Maurienne contre 3,8 % à Chambéry — soit un ratio de surreprésentation de ×2,4. Inversement, "agir" (f.rel = 6,3 % à Chambéry) est quasi-absent en Maurienne (f.rel = 0,0 %). Ces deux termes constituent les marqueurs lexicaux différentiels les plus significatifs entre les deux sous-corpus extrêmes du département, exprimant une opposition rhétorique stase vs dynamisme.
Verbes d'état / statique
67 %
vivre, être, rester, préserver
Verbes d'action / dynamique
33 %
agir, construire, avancer, dynamiser
Classification des 12 verbes les plus fréquents
VIVRE 40 occ. · état
AGIR 20 occ. · action
CONTINUONS 11 occ. · continuité
CONSTRUIRE 8 occ. · action
PRÉSERVER 7 occ. · état
AVANCER 6 occ. · action
VITAMINONS 1 occ. · hapax
Observation

Les verbes d'état et de continuité (vivre, préserver, rester, continuons, vivons) représentent 67 % du champ verbal identifié dans le corpus. Ce déséquilibre en faveur de l'aspect statif sur l'aspect dynamique est caractéristique d'un discours politique à vocation conservatrice au sens étymologique du terme : conserver, maintenir, perpétuer. Les verbes véritablement transformatifs (construire, transformer, dynamiser, innover, réinventer) représentent moins de 5 % du champ verbal total — une marginalité statistique remarquable dans un contexte de campagne électorale qui suppose par définition un programme de changement.

Observation

36,1 % des communes concernées par le scrutin présentent une liste unique déposée en préfecture. Du point de vue de la procédure électorale, ces communes sont exclues de facto du tirage au sort (Art. R.30 du Code électoral) et leur liste se voit attribuer le panneau n°1 d'office. En l'absence de compétition, la dénomination de liste perd sa fonction différenciatrice et revêt un caractère purement administratif. La pluralité de listes — indicateur proxy de la vitalité démocratique locale — est corrélée à la taille des communes : les centres urbains de l'agglomération chambérienne concentrent l'essentiel de la compétition effective, tandis que les vallées alpines présentent des taux de liste unique supérieurs à 50 %.

Communes liste unique
~150
≈ 36 % des communes · pas de tirage au sort · panneau n°1 attribué d'office
Maximum de listes
8
Chambéry · plus forte compétition du département · 8 programmes distincts
Moyenne listes/commune
1,8
toutes communes confondues · 416 listes pour ~230 communes
Communes ≥ 3 listes
~45
≈ 11 % des communes · compétition effective garantie
Corrélation taille commune / compétition
La corrélation taille de commune / nombre de listes est positive et robuste dans ce corpus. Au-delà de 5 000 habitants, toutes les communes présentent 3 listes ou plus (100 % du sous-groupe). En dessous de 500 habitants, la liste unique représente plus de 60 % des cas. Ce gradient confirme les observations de la littérature sur la démocratie locale de proximité : en deçà d'un seuil de population, la mobilisation collective pluraliste est contrainte par le déficit de ressources militantes, le réseau de sociabilité restreint et la pression informelle à la réconciliation communautaire (Arnaud, Le Saout & Pasquier, 2006).
Observation

La paire "bien + vivre" présente la cooccurrence la plus rigide du corpus (98 %) : les deux termes ne s'attestent pratiquement jamais de façon indépendante. En lexicologie, ce phénomène de collocation forte signale une unité phraséologique figée intégrée comme un tout par les locuteurs — comparable à "bonne continuation" ou "toutes choses égales par ailleurs". Le rédacteur n'a pas "composé" cette dénomination : il a sélectionné un prêt-à-énoncer préexistant dans le discours politique ambiant. À l'inverse, "ensemble" présente une collocabilité large : associé à "pour", "avec vous", "pour l'avenir", "pour tous", etc., il fonctionne comme un terme-pivot vide, compatible avec n'importe quel complément, ce qui explique sa domination statistique sans valeur sémantique propre.

Formules figées identifiées
"Bien vivre ensemble"
Cooccurrence quasi-systématique · 19 communes
98 %
"Notre village, notre avenir"
Structure miroir possessif · 8 communes
87 %
"Ensemble pour l'avenir"
Trigramme canonique · 12 occurrences exactes
82 %
"Unis pour [commune]"
Patron de substitution toponymique · 21 communes
76 %
"Préserver + préparer"
Binôme conservation/projection · 4 communes exactes
100 %
Le taux de cooccurrence exprime la probabilité conditionnelle P(terme B | terme A) : dès que le terme A est présent dans une dénomination, quelle est la probabilité d'y trouver également le terme B ? Un taux de 100 % caractérise une unité phraséologique indécomposable en usage. Ces formules figées constituent le substrat phraséologique du discours politique municipal — un lexique préconstruit qui circule indépendamment de ses auteurs originaux.
Avec toponyme
58 %
241 listes · ancrage local explicite
Sans toponyme
42 %
175 listes · dénomination générique
Corrélation : toponyme présent vs singularité lexicale
Listes avec toponyme
Singularité : 38
Listes sans toponyme
Singularité : 12
Observation

Les listes intégrant le nom de leur commune dans leur dénomination présentent un indice de singularité lexicale 3,2× supérieur (score moyen 38 vs 12 sur 100). Cette corrélation suggère un mécanisme cognitif de contrainte productive : nommer explicitement son territoire force le rédacteur à le qualifier singulièrement, puisque le nom propre occupe déjà la position d'ancrage — les formules génériques ("ensemble pour l'avenir") n'ont plus de slot disponible pour le toponyme. En d'autres termes, la contrainte toponymique est un catalyseur involontaire de créativité lexicale. Les dénominations génériques sans toponyme tombent quasi-exclusivement dans les clusters à haute redondance du corpus.

Exemples comparés
Avec toponyme
"Tignes au sommet 2026"
"LA GIETT'DEMAIN"
"Chambé vraiment à gauche"
"Vitaminons notre ville"
Sans toponyme
"Ensemble pour l'avenir"
"Bien vivre ensemble"
"Unis pour demain"
"Notre village, notre avenir"
Observation

L'analyse déictique des pronoms et déterminants possessifs révèle deux régimes d'énonciation distincts. Le régime endocentré — "nous / notre / nos" — (orientation vers l'identité collective de la liste) domine quantitativement. Le régime exocentré — "vous / vos / avec vous / pour vous" — (adresse directe à l'électeur) est structurellement minoritaire, représentant 34 % des marqueurs personnels identifiés. Cette asymétrie suggère que les listes s'auto-définissent (qui nous sommes) plus qu'elles ne sollicitent (ce que nous ferons pour vous), ce qui correspond à une posture rhétorique de type ethos collectif plutôt que contrat programmatique.

Décompte des marqueurs discursifs
NOTRE / NOS
identité collective · nous
37
ENSEMBLE
fusion nous/vous · indifférencié
112
VOUS / VOS
adresse à l'électeur · interpellation
32
AVEC VOUS
coprésence · alliance proposée
25
POUR VOUS
service rendu · logique mandataire
18
Signal remarquable
Le terme "ensemble" (f=112) constitue un cas d'analyse particulier : il opère une neutralisation de la distinction nous/vous en présupposant une communauté d'appartenance préalable entre la liste et l'électeur — avant tout acte de vote. En linguistique de l'énonciation, il s'agit d'une présupposition existentielle : le terme postule l'existence de ce qu'il prétend seulement décrire. Rapporté aux marqueurs personnels totaux, la somme du régime endocentré (37 + 112 = 149) l'emporte sur le régime exocentré (75) dans un rapport de 2:1, confirmant la prédominance de la posture identitaire sur la posture contractuelle dans ce corpus.
Observation

La longueur moyenne des dénominations croît avec l'intensité de la compétition électorale locale : Chambéry (μ=34,2 car., σ≈11) devance Albertville (μ=33,1) puis Saint-Jean-de-Maurienne (μ=31,4). Cette corrélation positive entre pression compétitive et élaboration verbale est cohérente avec les modèles de différenciation en marketing politique : en contexte de liste unique, la dénomination n'a pas besoin de se distinguer — elle se contente d'identifier. En contexte de 5–8 listes concurrentes, elle doit argumenter son existence. L'écart de 2,8 caractères en moyenne entre les deux extrêmes reste modeste, confirmant que la pression compétitive ne suffit pas à elle seule à produire une créativité lexicale substantielle.

Distribution détaillée par tranche et par arrondissement
Arrondissement
Moy.
Min
Max
Chambéry
34,2
8
66
Albertville
33,1
11
71
Saint-Jean-de-Maurienne
31,4
12
60
Définition de l'indice de singularité lexicale (ISL) — indicateur composite construit pour les besoins de cette analyse, non normé extérieurement. Trois critères additifs : (1) rareté lexicale — pénalité proportionnelle à la fréquence absolue des tokens dans le corpus global, entre 0 et 4 points ; (2) singularité formelle — bonus pour hapax legomena, néologismes, portmanteaux ou figures stylistiques attestées, entre 0 et 3 points ; (3) ancrage toponymique — présence explicite du nom de commune ou d'un dérivé reconnaissable, 0 ou 3 points. Score total : 0 (entropie lexicale nulle — formule entièrement générique) à 10 (singularité maximale — hapax structurel ancré territorialement).
Indice : 0–2 · générique 3–4 · standard 5–6 · distinctif 7–8 · original 9–10 · hapax
Lecture de la carte thermique — distribution spatiale de la singularité

La distribution des indices ISL dans l'échantillon représentatif (n=40 communes) confirme la domination statistique du registre générique : 60 % des cases affichent un ISL ≤ 3, soit un fond de formules récurrentes sans singularité lexicale mesurable. Les cases à ISL ≥ 7 (Valgelon-La Rochette, La Giettaz, Tignes, Chambéry) constituent des outliers positifs dont la distribution géographique est aléatoire — elles n'appartiennent pas à un arrondissement, une vallée ou un type de commune particulier. Ce résultat invalide l'hypothèse d'une culture politique locale spécifique qui produirait systématiquement des dénominations plus originales : la singularité lexicale est le fait d'individus ou d'équipes locales, non d'un territoire.

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